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LE PLUS GRAND FILM DE GUERRE
"Le plus grand film de guerre de tous les temps". 

La formule n'est pas de moi. Elle sied à merveille à ce film d'Elem Klimov - ce grand film et puis s'en va... - réalisateur inspiré de "Come and see" plus connu sous le nom de "Requiem pour un massacre". 

Le jeu des comparaisons s'arrête bien vite lorsque l'on a la chance de visionner "Requiem..." Le jeu des résonances peut par contre se poursuivre... Longtemps après la fin du film. On pense évidemment à Tarkovski mais cette seconde guerre mondiale vécue par Fliora, un jeune biélorusse (acteur remarquable) qui passe de l'innocence et de l'engouement pour la guerre et finit par s'abîmer totalement dans l'horreur, donne à ce film une texture, un ton, un langage, une lumière, des interprétations qui le font ressembler à nul autre.

 Sa puissance, son impact, ont suffit à tarir son auteur qui n'a plus jamais réaliser quoi que ce soit suite à "Requiem..." 

Quelle force! Quelle noirceur! Quel incroyable film! 

 Potemkine Editions

Les mots me manquent pour l'analyser. Je voulais juste par cet article court et partisan, inviter le plus grand nombre à le voir.
 
En creux

ZODIAC

- David Fincher -

Curieux film que ce Zodiac. Certains ont loué les prouesses techniques du metteur en scène avec ses réalisations précédentes (Alien 3 - Fight Club - The Game - Panic Room)

Fincher est un filmeur.

Jake Gyllenhaal. Warner Bros. France 

Certains on été réticents à cette propension à filmer tout (détritus et synapses, chambre forte et grand extérieur, sentiments amoureux et cynisme...) et à placer ce "tout" là sur un même plan ontologique. L'image pour l'image. Toute de gratuité et se tenant devant l'oeil des spectateurs, fière d'elle, témoin de la suffisance de son auteur. "Fight club"? Un pensum crasse sur le mal être et une manière de s'y complaire. J'étais un peu de ceux-là même si je retrouvais des thématiques par moments séduisantes (dans Alien 3 notamment) et reconnaissait le talent technique précédemment évoqué (mais combien de pubards ont ce talent?).

Elias Koteas, Anthony Edwards et Mark Ruffalo. Warner Bros. France

Zodiac est tout autre. Un pas de côté. Un film singulier. Rien ne se passe ou presque. On croit qu'il s'agit d'un tueur en série. On s'attend à un énième Machiavel du crime avec son lot de meurtres sanguinolents et l'horreur "wide-screen" qui va avec - à savoir leurs planifications millimétrées.

Jake Gyllenhaal et Robert Downey Jr.. Warner Bros. France

Zodiac est tout l'inverse. "Non conventionnel" est un terme qui lui convient parfaitement. Un film conçu sur le mode déceptif. Sa longueur, cette enquête qui agonise de ne plus en finir, cette part du hasard, ces rebondissements... à plat. Ces effets désamorçés. Ces dégonflements de baudruches que prennent les avancées (les sur-places plutôt!) de l'enquête en font un film TRES curieux.  Alors on s'ennuit fatalement. Et à voir le soucis de réalisme du réalisateur (obsédé car ayant vécu cette histoire) on ne sait plus trop sur quel pied danser???

On balance entre une certaine admiration et une certaine hébétude. 

Robert Downey Jr. et Mark Ruffalo. Warner Bros. France

   

 
Zodiac - ma note pour ce film :
Réalisé par David Fincher
Avec Jake Gyllenhaal, Mark Ruffalo, Anthony Edwards, ...
Année de production : 2007
Créatures et monstres de cinéma

(Article en construction...)

Peur de l'Autre

Alien incarne très bien cette peur de l'autre. Création de H.G Giger. Elle évoque tour à tour le félin, le parasite, un être repoussant (sombre, rampant, tentaculaire, visqueux pour faire court...) l'organisme le plus totalement hostile qui soit (tout est léthal chez lui: son sang : de l'acide; sa mâchoire : double et acérée; sa queue : une lance effilée) C'est l'autre vu comme une menace absolue.   

Monolithique

La peur, toujours, avec cette fois son incarnation monolithique. Véritable bloc de froideur, Michael Myers incarne le Mal à l'état pur (les fans vous le diront!) Impavide, insensible, inexpressif (le masque) et son omniprésence en font le croquemitaine le plus flippant. Pourquoi? Parce que Michael Myers est sans explication.

Dans la peau du gibier

Predator compile deux caractéristiques majeures qui confèrent de "l'épaisseur plastique" à ce personnage/ 1- le profil du guerrier ancestral, cette façon de se mouvoir en chasseur du continent noir nonobstant que le guerrier en question vient d'ailleurs. C'est d'ailleurs tout le propos de la "tribu" de Prédateurs, leur code de l'honneur, leur façon de couvrir l'espace.../ 2- le caractère insectoïde de la créature la plus délibérément mandibulaire du cinéma/ Alors le spectateur se sent proie.

Suceur de sang

Le vampire baroque, tout d'extravagance et d'étrangeté de Coppola. Celui, séducteur et pour tout dire un peu plat de Neil Jordan. Le vampire allumé et générationnel (mais perdu!) chez Araki ou encore le triste et inquiétant Martin de Romero. Les suceurs de sangs revêtent bien des visages. Du comique au tragique, du terrifiant à l'insignifiant, produit marketé ou créature d'auteur, impossible de résumer ce mort éternel n'aspirant qu'à être un grand vivant. 

Plein de super

Créature-extension. Créature-projection. Le super-héros a tendance à se démultiplier ces dernières années. Il est souvent un paradoxe vivant, un miroir aussi. Doté de super-pouvoirs, il est souvent impuissant. Capable de tutoyer les étoiles, il est régulièrement aux prises avec de bien plus basses considérations. Qu'il soit vil ou bon, chacun se (re) trouvera  dans l'un ou l'autre des super-héros. Il suffit pour cela de consulter le catalogue.

Vas-y Francky, c'est bon

Franky, c'est Frankenstein. LA créature de Victor Frankenstein. Le roman de Mary Shelley. Le créateur/ sa créature. Boris Karloff. Tout est dit? Euh... Sinon, un lien ici 

Gremlins

Gizmo and co. On a souvent dit de Joe dante qu'il était la mauvaise conscience de Spielberg. On peut s'amuser au jeu des correspondances: A "Jaws" répond Piranhas. Les aventures extraterrestres spielbergiennes (Close Encounters, E.T...) trouvent leur pendant avec "Innerspace". Les Gremlins, ce sont les ados, non?  

The Fly

Mieux que "The fly", "Brundlefly". Une créature. un monstre assurément. Un homme en pleine mutation. Quel film! Quel film de Cronenberg qui une fois de plus utilise le genre tout tracé pour livrer une vision d'auteur sur l'amour confronté à la longue maladie et, au final, la mort! Dis comme ça: un couple amoureux dont l'un est malade et qui assiste impuissant à la lente agonie de l'autre... C'est nettement moins attrayant qu'un film de SF avec effets spéciaux et une transformation en mouche. Et pourtant...

 

     

   

 
100 000

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MERCI

et à venir: Zodiac - Bug - Silent running - Wolfen - Un si doux visage - jeu des acteurs - créatures et monstres du cinéma...

 
En charpie

STEAK

Quentin Dupieux (2007)

Quelle erreur! Quelle erreur d'avoir vendu "Steak" comme une comédie, la nouvelle comédie du duo Eric & Ramzy tant le film ne correspond en rien à ce que la paire nous avait habituée jusque là...

Ramzy Bedia et Eric Judor. Studio Canal

Steak est un étrange film. Comédie du décalage en mode mineur, parodique, nonsensique, pointant le drame, codifiant mais codifiant jusqu'à l'absurde, facilement descriptible dans sa forme, le film l'est nettement moins sur le fond et sur l'étrangeté qui s'en dégage.

Eric Judor et Ramzy Bedia. Studio Canal

George (Ramzy) est la tête de turc du lycée. Mettant accidentellement la main sur un pistolet mitrailleur, George va se venger et commettre un massacre (non filmé, sorte d'angle mort du film). Blaise (Eric), son ami, sera accusé injustement du meurtre et enfermé 7 ans en institut psy. A sa sortie, George va chercher Blaise et lui expliquer que, désormais membre du gang des Chivers, leur amitié n'est plus possible. Autres temps, autres moeurs, autre époque, autre humour, autres amis... Piqué à vif, abandonné par sa famille, Blaise va tout faire pour intégrer la bande.

La bande des

Obsession hygièniste (on ne fume pas, on ne jure que par la chirurgie esthétique), reprenant les codes du film d'ado en les malmenant (les acteurs sont tous trop âgés pour être crédibles, on boit du lait au lieu de l'alcool, les marshmallows au dessus du feu sont remplacés par des oeufs etc etc), l'inquiétante étrangeté qui émane de ce long-métrage vient autant de ces aspects ubuesques que du spectre du massacre (le massacre du début non vu, le massacre final tout juste évité et le visage en charpie - le steak du titre - qui plane comme une menace sourde) Empruntant au film d'ados, les poncifs du genre (la bande, les soirées, le paraître...) Dupieux parvient à biaisé l'histoire et le schéma classique en s'appuyant sur une belle mise en scène. Cadrages et composition des cadres, plans-séquences longs, montage efficace. Un ensemble de petits détails témoignant de son savoir-faire.

Quentin Dupieux. Studio Canal

Une réussite. Bien barrée.

  

  

 
Steak - ma note pour ce film :
Réalisé par Quentin Dupieux
Avec Eric Judor, Ramzy Bedia, Sébastien Tellier, ...
Année de production : 2006
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